Caché derrière

Une cuisine italienne simple et goûteuse dans un décor de bistro belge sans fioriture ? Pas possible ? Oui, da ! Même que ça s’appelle “I Monticelli” et c’est vivement conseillé !
On connaissait déjà les Osbourne – Ozzy et compagnie –, les Kardashian, la tribu du révérend Run… il va falloir désormais compter avec une autre famille : les Monticelli. A la différence qu’ici, pas de bling bling, ni surmédiatisation MTVesque, ni Etats-Unis… Non, la saga de la famille Monticelli n’intéressera que les gastronomes éclairés bruxellois – ce qui n’est pas si mal. Originaires des Abruzzes, ces gens-là ont réussi à exciter nos papilles, à nous redonner le goût du restaurant. Planqués au coin d’une rue saint-gilloise, ils nous ont bluffés. Faisons les présentations. Dans la famille Monticelli, je demande la sœur. Vous la trouverez en salle, souriante, accueillante et généreuse. Dans la famille Monticelli, je demande le père. Vous le trouverez au bar, placide, ou en train de donner un coup de main dans la minuscule pièce depuis laquelle sont préparés les mets. Mais celui que l’on veut vraiment dans la famille Monticelli, c’est Michaël, le fils, chef qui en impose. Carrure d’athlète, regard pas commode et caractère bien trempé, il n’est pas du genre à faire des courbettes. Exactement, le type de gars qui entre dans sa cuisine comme un demi investit une mêlée.
simplicité retrouvéeI Monticelli, c’est d’abord un décor. Celui d’un bistro duquel transpire une grosse tranche de belgitude. Chaises en bois, bar en brique, billard recouvert d’une couverture, odeur de cigarette continuant à se diffuser comme si l’on y fumait encore et lambris patinés, pas de doute on n’est bien dans un “caberdouche” pur jus. Tout y est, des vieux qui jouent aux cartes aux immobiles buveurs de bière. Deux choses font sortir l’adresse du lot. D’abord, un énorme drapeau italien qui dit des horizons plus larges. Ensuite, un petit tableau noir sur lequel sont écrites les suggestions du chef. Sans ce petit rectangle noir, impossible de savoir qu’on peut manger ici. Ce jour-là, un midi, on avait le choix entre un millefeuille de légumes – sfogilata di verdura en VO (12 €) – et des pâtes à l’ail et aux épinards – linguine aglio e spinaci (11 €). On a pris la seconde option, aussi succulente que rustique. Cuisson parfaite des pâtes au programme mais surtout un véritable bain d’huile d’olive comme on le trouve souvent en Italie. Le tout pour un régal simple et populaire qui sacre une cuisine de grand-mère faisant la part belle à la fraîcheur et à l’instant. Cela faisait très longtemps que l’on n’avait vu autant de sincérité et de générosité dans l’assiette. Le dessert ? Ne le cherchez pas, il n’y en a pas. De toute façon, on ne voit pas ce qu’il pourrait apporter de plus…
wazabi