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Darko s’invite et s’invente au Bozar



Darko, l’un des maîtres des soirées bruxelloises organise la 2e édition du Brussels Electronic Music Festival au Bozar. Un événement attendu !
Créateur des fameuses Statik Dancin’, Darko est l’un des maîtres des soirées bruxelloises. L’année passée, il organisait son premier festival au sein des murs du Bozar.


Le BEMF avait fait l’exploit d’accueillir 4 000 personnes pour cette première édition. Darko n’en restera pas là, puisque fin mars sera organisée la deuxième édition de ce festival de musique électronique, toujours au Bozar.



Comment ont débuté les Statik Dancin’ ?



J’ai commencé en 2003, au moment où on était en plein “électro clash”. Pour moi, ça tournait un peu en rond, même si je faisais partie de cette scène. Il me manquait une dimension plus DJ que j’ai retrouvée dans la minimale. A l’époque, il n’y avait rien du tout en minimale, donc j’ai commencé ce projet au Recyclart.



C’est grâce à Statik Dancin’ que vous avez pu commencer les soirées au Bozar ?



Ça faisait déjà très longtemps que j’essayais de travailler avec le Bozar. Ça a été très difficile de pouvoir travailler avec eux, car c’est une grosse institution. Mais ça vaut la peine ! Il y a eu un premier BEMF l’an passé, il y aura une seconde édition, du 26 au 28 mars prochains.


J’ai envie d’aller plus loin avec ce festival et proposer une scène d’art digital au Bozar, avec autant de musiciens électroniques que de vidéastes. J’aimerais proposer des installations d’artistes qui utilisent le langage électronique dans leurs œuvres.



Comment êtes-vous arrivé à travailler avec le Bozar ?



J’ai un très bon background artistique et musical. Je pense qu’il y a une continuité dans l’art. J’ai envie de pouvoir rejoindre les deux publics : le public du Bozar, un peu moins jeune, et le public de la musique électro.


C’est un vrai challenge, finalement, de travailler dans un endroit pareil, car il faut aussi que le public arrive à se lâcher. Dans un musée, ce n’est pas toujours évident. Les gens font quand même attention de ne pas faire trop de dégâts car l’espace est impressionnant, avec les toiles, les vitraux, etc.



Qu’est-ce qui sera différent, par rapport à l’année précédente ?



Je voudrais insister sur les concerts assis. J’aimerais que les gens s’asseyent dans une salle dédiée à la musique classique. Ce sont des salles sans aucune sonorisation, il faut donc du silence pour entendre la musique. C’est ce que je préfère : arriver à faire apprécier aux gens la musique électronique comme un vrai concert, comme une performance.



Quels sont vos endroits préférés pour mixer à Bruxelles ?



Il n’y en a pas cinquante, malheureusement. Le Recyclart, évidemment. Le Bozar. Je n’ai pas tellement d’endroits fétiches à Bruxelles, à part ceux-là. Il n’y a pas de salles ici, ni énormément d’endroits où organiser des soirées.


On est une petite ville, mais comparé à d’autres comme Londres, Paris ou encore Amsterdam, il se passe quand même pas mal de choses. Le problème, c’est qu’il faut se battre et donner beaucoup d’énergie pour monter des projets et pouvoir organiser quelque chose.



Pourquoi ne pas s’exporter, dans ce cas ?



J’organise mes soirées à Bruxelles car il y a une vraie demande. Et je continue de le faire parce que je trouve que ça en vaut la peine. Je peux toujours présenter de nouvelles choses, plus innovantes.


Je suis né ici, j’ai grandi ici, je ne vais pas aller faire mon travail dans un autre pays. Ça ne m’empêche pas de partir en tournée en Amérique du Sud et de pouvoir bouger avec ma musique. Mais mes projets restent ici, et mon festival, c’est vraiment quelque chose qui me tient à cœur. Ça a été un long travail de plusieurs mois et j’aimerais le faire grandir encore. Et le Bozar est tout à fait prêt à continuer cette aventure avec moi.



MAILYS CHARLIER
www.bozar.be/bemf


 



“J’organise mes soirées à Bruxelles car il y a une vraie demande”.
(Ph. Benjamin Brolet)