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Comment avez-vous atterri au Pérou? J'ai effectué mon stage d'étude dans les Andes péruviennes. Marie-Line m'y a rejoint. Depuis lors, nous avons cherché à repartir ensemble avec un contrat de longue durée, tout en réalisant divers microprojets en Amérique latine avec Quinoa, une ONG d'éducation au développement. Nous sommes arrivés à Tarapoto, il y a deux ans, un peu par hasard.
Qu'est-ce qui vous y attirait? Nous connaissions déjà l'Amazonie et savions que les fleurs, l'eau, les arbres, la chaleur, les animaux, les oiseaux mais aussi la chaleur humaine nous plairaient, malgré les moustiques et les araignées. Nous recherchions aussi un autre rythme de vie et un investissement personnel et professionnel plus proche de nos convictions.
Que faites-vous dans ce pays? Je suis coopérant pour Volens, une ONG belge, à Tarapoto. J'opère dans le département de San Martin en Amazonie péruvienne. En fait, je travaille dans le cadre d'un programme de diversification agricole pour l'amélioration de la sécurité alimentaire de petits agriculteurs marginalisés, en collaboration avec une ONG péruvienne à portée régionale. Le projet se déroule dans une zone d'Amazonie basse très pauvre. Il n'y a pas d'eau courante, les pistes sont parfois impraticables, il y a peu de téléphone, pas d'Internet, pas d'électricité la journée... La production de feuilles de coca y était abondante jusqu'en 2000.
Y avez-vous une famille? Nous avons une fille Elisa, née ici il y a trois mois.
Quelles sont les activités qu'on ne trouve pas en Belgique que vous faites? La sieste du dimanche dans le hamac... Récolter bananes, fruits de la passion, oranges, mandarines et ananas dans le jardin.
Quelles sont les principales difficultés que vous avez rencontrées en vous installant là? Etre différents physiquement fait qu'on nous considère toujours comme des étrangers, ce qui éveille la curiosité des gens, mais aussi les préjugés malsains et les tentatives d'arnaque. Les différences culturelles, même si elles ne sont pas aussi importantes sur ce continent -religion, habitudes culinaires, structure de la société similaires- sont parfois difficiles à dépasser. Mais nous avons tissé des liens avec beaucoup de Péruviens.
A-t-il été facile de s'intégrer socialement? Cela a été relativement facile, vu que nous parlions l'espagnol avant d'arriver et que les habitants de la région sont très ouverts, mais nous resterons des étrangers. La naissance de notre fille nous rapproche un peu plus des gens d'ici, parce qu'ils se rendent compte que, finalement, nous vivons les mêmes choses.
Qu'est-ce qui vous a frappé en arrivant dans ce pays? C'est le contraste entre la beauté du pays et son horrible capitale, Lima. Le Pérou est un pays magnifique, plein de ressources naturelles et de sites archéologiques. Lima est une mégalopole de presque 10 millions d'habitants.
Une petite anecdote amusante sur le pays? À Noël, le menu classique est la dinde, un chocolat chaud et un "panettone". La tradition est de ne pas manger avant minuit. Imaginez le poids du repas par cette chaleur...
Comptez-vous rentrer un jour à Bruxelles? Nous désirons continuer à nous investir dans la voie de la coopération encore quelques années, en Belgique un jour.. Cela dépend souvent des contrats de travail et des conjonctures politiques. La tendance politique actuelle en Belgique est de croire que le travail du coopérant n'apporte que peu de choses en regard de l'investissement. Ce n'est pas ce que pensent les agriculteurs avec lesquels je travaille, et nous savons heureusement qu'énormément de citoyens belges valorisent notre apport dans le Sud.
LDO
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