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Bruxellois du bout du monde / Frédérique Siegrist


Une Belge à Paris… Frédérique



Ingénieur de gestion, Frédérique Siegrist a tenté de trouver un boulot dans la mode à Paris. Pas facile d’y faire reconnaître son diplôme… La chance lui a souri et elle est aujourd’hui "chargée de production" chez Hermès.

Comment avez-vous atterri à Paris ?
Après un Erasmus et un stage en Italie, j’avais envie de poursuivre dans le secteur de la mode, du luxe. Paris était la ville tout indiquée.
En Belgique, les structures du secteur sont plus petites. Ces sociétés recherchent
soit des personnes très expérimentées, soit des petites mains… Je ne correspondais
à aucun des deux profils.

Qu’est-ce qui vous y attirait ?
La ville. Et le fait d’être à l’étranger en restant très bien connectée à la Belgique.
Grâce au Thalys, Paris est à 1h20 de Bruxelles.Que faites-vous dans ce pays ?Je m’occupe du suivi de production d’accessoires bijoux chez Hermès : finalisation de la mise au point des produits, suivi des commandes, respect des critères qualité,…
Nous travaillons avec des fournisseurs de longue date, principalement français. Nous allons chercher les savoir-faire traditionnels là où ils sont. Je suis toujours fascinée par
les artisans et j’admire la passion qui les anime.

Y avez-vous une famille ?
Comment s’organise-t-on ?Je suis mariée et nous avons une petite fille de deux mois. Plus encore qu’en Belgique, il est très difficile de trouver des crèches.
Le système le plus répandu est celui de la “garde partagée” : deux familles partagent une nounou. Ce système a l’avantage de permettre des horaires un peu plus flexibles.

Quelles sont les activités qu’on ne trouve pas en Belgique que vous faites ?
Nous profitons un maximum de la ville : balades à pied, théâtres, musées, expos…

Que vous manque-t-il de Bruxelles, de la Belgique ?
Le confort de vie et l’espace. Nous avons passé trois ans et demi dans 30m2. Maintenant nous sommes contents d’avoir 50m2. Mais nous n’avons pas de chambre pour le bébé. Ce n’est pas exceptionnel à Paris, on s’habitue…

Quelles sont les principales difficultés que vous avez rencontrées en vous installant là ?
Trouver un logement. Les offres sont peu nombreuses et la sélection se fait sur dossier. Il faut présenter de nombreux documents tels que les dernières fiches de salaire, et même les relevés d’imposition des parents. Le propriétaire choisit alors le dossier
qui présente un maximum de garanties.

Rencontrez-vous beaucoup de Belges ?
Oui. Beaucoup de Belges passent ici pour de courtes périodes : expérience professionnelle au siège de leur entreprise, formations, etc.

A-t-il été facile de s’intégrer socialement ?
Pas particulièrement. Disons que la proximité de Bruxelles ne nous pousse pas à faire
des efforts. On a souvent de la visite et on rentre environ un week-end par mois.

Avez vous été confronté à de grandes différences culturelles ?
Plutôt de petites différences. Je dirais le Belge plus spontané, plus simple. Les Parisiens sont plus revendicatifs.

Qu’est-ce qui vous a frappé en arrivant dans ce pays ?
La non-reconnaissance des diplômes, à l’heure de l’Europe. Quand on a fait de bonnes études, et qu’on ne peut pas les valoriser, c’est un peu frustrant.

Comptez-vous rentrer un jour à Bruxelles ? Pourquoi ?
Oui. Pour retrouver la qualité de vie belge. Et bien sûr la famille et les amis. 




Laure d’Oultremont


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