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Comment et depuis combien de temps avez-vous atterri dans ce "bout du monde" ? Je suis parti en 1986, directement après avoir fini ma licence, et j'ai entrepris de faire un PhD à l'Australian National University. Depuis, ma famille et moi avons vécu aussi quelques années au Canada et en Norvège, avant de revenir à Canberra en 1997. Je suis donc expatrié de Belgique depuis bientôt 20 ans... ça fait un peu peur!
De quoi êtes-vous responsable? Le centre de recherche coopérative a pour but de promouvoir l'utilisation et la compréhension du régolite, c'est-à-dire l'ensemble des couches géologiques meubles et/ou altérées qui couvrent les roches fraîches et dures (sédiments, sols, eaux et micro-organismes qui s'y trouvent). Mes activités vont de l'application de la composition des eaux souterraines à la prospection minière et à la protection de l'environnement, en passant par la cartographie géochimique de vastes territoires afin d'établir leur composition.
Pourquoi êtes-vous parti? Les horizons de la géologie me semblaient fort limités en Belgique. De plus, j'ai toujours voulu faire de la recherche, et je me suis dit que l'idéal serait d'obtenir un diplôme postgradué d'un pays anglophone pour m'intégrer dans le milieu académique international. Je me suis mis en quête de bourses d'études pour l'Angleterre, les États-Unis et l'Australie pendant ma dernière année universitaire. C'est un peu par hasard que j'ai atterri ici.
Quelles y sont vos autres activités? Je joue à l'"ultimate", un jeu d'équipe un peu comme le rugby mais où on se passe un frisbee. Je fais aussi un peu de tennis, du VTT et du volley-ball, du yoga et de la guitare acoustique.
Y a-t-il beaucoup d'autres Bruxellois? Il y a pas mal de Belges ici. Nous nous retrouvons régulièrement car nous avons formé un "club de Belges à Canberra". Il y a une entente chaleureuse entre nous. Tout le monde se parle en anglais pour éviter les ambiguïtés linguistiques... La plupart d'entre eux travaillent dans les domaines de la science et de la technologie!
Y avez-vous une famille? Nous avons deux enfants. Mon épouse travaille à temps partiel à l'université; nos enfants vont dans une école bilingue français-anglais. Nous nous partageons le transport des enfants. A Canberra tout est à 20 minutes en voiture...
Quelles sont les activités que vous pratiquez et qu'on ne trouve pas en Belgique? Les activités les plus "exotiques" concernent sûrement le plan professionnel. Il y a tant de possibilités et de territoires à couvrir. Par exemple, un de mes projets couvre une étendue cinq fois plus grande que la Belgique, avec seulement une route macadamisée qui la traverse de long en large!
Qu'est-ce qui vous manque le plus ? Mes promenades dans la forêt de Soignes. Me balader dans les environs de la Grand-Place et absorber sa riche histoire.
Qu'est-ce qui vous a frappé en Australie ? L'espace immense, la faune unique, la gentillesse des Australiens, les paysages époustouflants.
Une petite anecdote sur le pays ? Nous retrouver, ma famille belge en visite et nous, le jour de Noël dans un petit village où tout, absolument tout, était fermé. On a dû survivre des quelques chips et d'une barre de chocolat que nous avions jusqu'au lendemain. Depuis, je sais qu'en Australie, les jours de Noël et de Pâques sont pris très très au sérieux...
Comptez-vous rentrer un jour à Bruxelles ? Ce n'est pas vraiment une perspective réaliste du point de vue professionnel. Mais on ne sait jamais, peut-être y aura-t-il un jour une ouverture, un changement?
LAURE D'OULTREMONT
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