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Dossier


Tous à Cannes une fois !

Malgré l’absence du “Mister Nobody” de Jaco Van Dormael, le 62e Festival de Cannes aura, du 13 au 24 mai, un très gros accent belge. Notre pays y sera représenté par une dizaine de films !

Baromètre du cinéma international, le Festival de Cannes confirme que le septième art belge se porte à merveille. Plus que jamais, même. Onze films, produits ou coproduits par des sociétés belges, sont parvenus à s’extirper des milliers visualisés pour l’occasion. “La Belgique explose cinématographiquement”, ont souligné les responsables de l’événement. Une explosion qui, une fois n’est pas coutume, n’est pas forcément due à ses réalisateurs ou à ses acteurs vedettes.
Ainsi, trois des vingt films de la Sélection Officielle, qui délivrera la Palme d’Or, bénéficient de fonds belges : “Le Temps qui reste”, une fiction bouleversante du Palestino-israëlien Elia Souleyman, le très esthétique “Visages” du Taïwanais Tsai Ming-Liang, interprété au passage par un casting de choix (Laetitia Casta, Fanny Ardant, Jeanne Moreau, Jean-Pierre Léaud…). Et comme les Dardenne ne peuvent décidément pas se passer de la Croisette, leur société (Les Films du Fleuve) a su cofinancer l’inclassable “Looking for Eric” de Ken Loach, avec Eric Cantona.

C’est bien Hors Compétition, mais néanmoins dans les très prisées Séances de Minuit qu’on retrouvera le fameux film d’animation burlesque du duo Patar/Aubier, “Panique au village”. Avec entre autres, les voix de Benoît Pœlvoorde, Bouli Lanners et Fred Jannin. Une catégorie où figurera “Ne te retourne pas”, avec Sophie Marceau/Monica Bellucci, dont les effets spéciaux ont été réalisés dans notre capitale.
Au sein de la Semaine internationale de la Critique, 48e du nom, trois films à forte connotation belge concourront, à savoir le très humaniste “Altiplano”, où Olivier Gourmet campe un chirurgien qui œuvre dans les Andes Péruviennes, “Lost Persons Area” (ou “La Merditude des choses”), premier film énigmatique de la Flamande Caroline Stubbe et le plus classique “Rien de Personnel”, avec – physiquement, cette fois   Bouli Lanners –, Mélanie Doutey et Zabou Breitman.

Dans la Quinzaine des Réalisateurs, “La Famille Wolberg” produit par les Liégeois de Versus, sera la première tentative d’Axelle Ropert, avec François Damiens entre autres. Enfin, on épinglera trois courts métrages belges.

www.festival-cannes.com

La marque belge
Vu l’internationalisation croissante du cinéma et la taille réduite de notre pays, beaucoup s’étonnent de cette forte implication belge.
La principale raison est pécuniaire. La Belgique récolte aujourd’hui les fruits du Tax Shelter, cet incitant fiscal qu’elle a planté il y a quelques années et qui permet aux sociétés privées de financer un film. Un système qui est l’un des plus performants en Europe, avec le Luxembourg, l’Irlande, la France, les Pays-Bas, l’Angleterre et l’Allemagne.
Mais notre pays a aussi d’autres atouts. Outre l’important vivier de comédiens qu’on connaît tous, on retiendra un indéniable savoir-faire technique. Dont pratiquement tous les films belges cannois ont bénéficié, du mixage aux effets spéciaux, en passant par les décors. Un gage de qualité qui provient, aux dires des producteurs, de nos excellentes écoles de cinéma. En d’autres mots, ce beau cru cannois ne sera certainement pas le dernier !


Cette année encore, il y aura des soirées belges à Cannes : celle de la Communauté française et aussi la Soirée des Belges organisée par la société VIP Belgium sur le Warren Yacht, un bateau pour VIP, privatisé pour l’occasion ! Entre autres réjouissances people et cinématographiques…(DR)
DAVID HAINAUT

En marge - La Cambre et l’INSAS à la fête
Nos écoles de cinéma, dont deux bruxelloises, ont réalisé un joli tir groupé en plaçant chacune un court métrage à Cannes, dans des styles très différents. “La Fièvre de la chasse” (INSAS) d’Alessandro Comodin aborde le thème de la chasse en suivant le parcours de deux chasseurs, “Kasia” (IAD) d’Elisabeth Llado retrace la difficile vie d’une immigrée polonaise. Enfin “#1” (La Cambre) de Mario Castéra sera l’autre film d’animation belge à Cannes.

A quand les sorties ?

Comme toujours hélas, il faudra s’armer d’un peu de patience pour découvrir
les longs métrages belges présents à Cannes. Néanmoins, les dates de sortie sont connues. On précisera aussi que trois boîtes bruxelloises (Artémis, Entre Chien et Loup et La Parti) sont concernées.
“Looking for Eric” (Les Films du Fleuve) : 10 juin
“Panique au Village” (La Parti) : 17 juin
“Altiplano” (Entre Chien et Loup) : 17 juin
“Ne te retourne pas” (Entre Chien et Loup) : 5 août
“Lost Person Area” (Artémis) : en septembre
“Le temps qui reste” (Artémis) : 28 octobre
“Visages” (Tarantula) : 11 novembre
“La Famille Wolberg” (Versus) : 18 novembre.

Les Mémoires du Maître

Visible… deux semaines par an, Gilles Jacob, Président du Festival de Cannes, devait forcément sortir ses mémoires au moment de son évènement. A 79 ans, cet ex-critique de “L’Express” signe “La vie passe comme un rêve”, qui ôtera quelques-uns de nos fantasmes quant à trente Palmes d’Or décernées, nombreuses ayant été contestées. Il livre par ailleurs portraits et dialogues avec les plus grands venus sur La Croisette, de Roman Polanski à Gérard Depardieu, en passant par Stanley Kubrick, Maurice Pialat ou Clint Eastwood. Indispensable pour les cinéphiles, très utile pour les autres.
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