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Dossier


Sécurité aux abords des écoles

Les abords des écoles sont trop souvent le théâtre de drames de la route. Petit à petit, des actions se mettent en place, un peu partout, pour sécuriser le chemin des enfants.

Huit heures du matin, devant l’école Singelijn à Woluwe-Saint- Lambert. Deux parents, vêtus de vestes fluo, surveillent d’un oeil attentif la circulation. Un petit rouquin se précipite pour traverser. Geste autoritaire, remarque éducative. L’un des papas brandit une pancarte et aide l’imprudent à franchir le passage clouté. “Nous faisons cela depuis quatre ans, explique Kathleen Emsens, l’une des mamans qui participent au projet. La circulation devenait insupportable; alors les parents ont mis ce système en place : deux adultes font chaque matin traverser les enfants.” Des initiatives comme celle-là se développent un peu partout dans la Région. À Laeken, par exemple, la Ville a placardé des smileys, ces petits visages qui sourient ou tirent la tête. Objectif : baliser un chemin sécurisé entre des écoles et la piscine notamment. À Anderlecht, Saint- Gilles et Forest, c’est la zone de police elle-même qui a lancé un projet : un cd-rom éducatif sur lequel Bobby enseigne la sécurité aux enfants des écoles. Les idées ne manquent pas. Mais elles restent toutefois insuffisantes. En effet, selon une enquête menée, en 2004 par l’association de la Ville et des communes, sur 177 écoles de la Région bruxelloise, 12,7% des établissements ne donneraient pas d’informations sur la sécurité routière. “Certaines directions estiment que ce n’est pas de leur ressort question budget”, précise Barbara Decupere, responsable de l’étude. Par ailleurs, 74,7%des enfants et 67,1%des parents seraient peu conscients des dangers aux abords des écoles. C’est dire. Surtout quand on prend conscience des chiffres. En 2001, 3 639 enfants de 3 à 12 ans ont été victimes de la route en Belgique. Et environ un tiers de ces accidents se sont produits à la rentrée ou à la sortie des classes.

Du pain sur la planche
Certes, depuis avril 2004, un arrêté royal impose des zones 30 aux abords des écoles (lire ci-dessous), ce qui devrait améliorer la situation dans les prochaines années. Mais, par ailleurs, ni les établissements scolaires, ni les autorités, ne sont véritablement obligés de mener des actions de prévention. Les initiatives sont donc prises au cas par cas et se déclinent de multiples manières : rangs accompagnés (dans 40%des écoles interrogées en 2004), parkings vélos (20 %), ramassage en bus (15 %), covoiturage (9%), etc. Pour rendre ces actions ponctuelles plus efficaces, c’est maintenant une coordination à plus grande échelle qui doit être mise en place… Et, elle commence à s’esquisser en Région Bruxelloise. Suite à l’étude de 2004, une cellule d’impulsion régionale a, en effet, été créée à ce dessein. Six commissions locales, calquées sur les zones de police, sont aussi en gestation dans la capitale, afin de regrouper tous les acteurs de terrain. L’association de la Ville et des communes va aussi élaborer une base de donnée regroupant les diverses initiatives existantes, histoire d’inspirer les écoles qui négligent la sécurité routière dans leurs projets. L’idée à terme est de convaincre un maximum de directions de mettre sur pied un véritable “plan de déplacement scolaire”. C’est sur ce thème que travaille l’association Réseau-Idée. “Avec les écoles qui sont déjà engagées dans la sécurité routière, nous essayons de développer un projet global. La direction doit d’abord réaliser un état des lieux sur les habitudes des élèves en matière de mobilité. Puis, des mesures sont prises pour optimaliser les déplacements”, explique-t-on au Réseau- Idée. Précurseur bruxellois en la matière, l’école Clair-Vivre est déjà bien avancée dans ce plan. “Nous avons réalisé une carte pointant les lieux d’habitations des élèves. Beaucoup habitent le coin Schaerbeek, St-Josse, Evere. Nous avons donc mis sur pied une bourse d’échanges pour les déplacements. Cela concerne tant le covoiturage que les trajets à pied, mais nous envisageons aussi de faire accompagner les enfants regroupés dans les transports en commun par quelques parents. Et nous avons aussi notre ramassage scolaire à vélo” (voir ci-contre). D’ici fin 2005, le Réseau-Idée espère convaincre de nombreuses écoles de suivre cet exemple.

Photos : Bénédicte Maindiaux, Christophe Bortels et DR.


S.D. et F.BY

PRATIQUE

■ À chaque mode de déplacement, ses règles de conduite. Voici quelques conseils pour rallier l’école en toute sécurité

À pied
■ Choisir le chemin le plus sûr ne veut pas dire le chemin le plus court. L’itinéraire doit être pourvu de trottoirs et d’accotements larges et en bon état. Pour traverser, préférez les endroits surveillés, où la traversée est courte, où l’enfant voit bien les véhicules et est bien vu d’eux. Le bon comportement? S’arrêter un peu avant le bord du trottoir, regarder à gauche, puis à droite, et à nouveau à gauche, avant de traverser sans courir.
■ L’adulte doit veiller à marcher du côté de la circulation, et l’enfant du côté des maisons. Enfin, n’attendez jamais l’enfant sur le trottoir d’en face : il risque de traverser sans regarder pour vous rejoindre plus vite.

À vélo
■ Si l’on transporte l’enfant, gare aux pieds dans les rayons. Cela n’arrivera pas s’il est installé dans un bon siège vélo doté de sangles et de repose-pieds. S’il prend le guidon lui-même, mieux vaut rouler à côté du cycliste en herbe. Et surtout s’entendre à l’avance sur certains points précis : “Si je crie stop, tu t’arrêtes, à ce carrefour-là, aussi”.
■ Quelques indices démontrent qu’il peut à présent se débrouiller seul : il arrive à regarder derrière lui et à lever le bras pour indiquer sa direction, tout en conservant son équilibre. Il évalue correctement les distances et les vitesses des véhicules. Il cherche du regard les automobilistes, quand il s’apprête à traverser, pour être sûr qu’ils l’ont bien vu.

En voiture
■ Même si le trajet est très court, même s’il ne passe que par des rues calmes, avant de démarrer, tout le monde est invité à s’attacher. Jusqu’à 4-5 ans (18 kilos), les bambins s’installent dans un siège auto. À partir d’1,10 mètre, on peut passer au rehausseur. La ceinture doit être portée sans passer sous le bras ni derrière le dos. Aux abords des écoles, les automobilistes doivent veiller à ne pas dépasser les 30km/h: même à cette vitesse, une voiture peut tuer le piéton qu’elle renverse.
■ Une règle d’or : faire monter et descendre les enfants du côté du trottoir. Pour se parquer à l’école, pas question de double file, d’arrêt de bus, de pistes cyclables, voire de passages pour piétons ou de trottoirs. Une voiture mal garée peut empêcher un enfant qui veut traverser de bien voir et d’être vu. Sur le trottoir ou la piste cyclable, elle oblige les piétons et les cyclistes à descendre sur la chaussée, où ils courent davantage de dangers.

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