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Travailler à la maison, c’est bon pour la santé, le moral et la productivité de l’entreprise. Pourtant, la Belgique a encore du retard par rapport à d’autres pays d’Europe.
Combiner vie professionnelle et vie familiale relève parfois du défi, surtout pour les femmes. Travailler chez soi un jour par semaine devient une pratique de plus en plus courante dans le nord de l’Europe. “J’ai démarré le télétravail à la naissance de mes enfants”, explique Marie Kuza, directrice commerciale chez Regus pour la Belgique et le Luxembourg. “Je peux ainsi m’investir à 100% dans mon boulot et ma famille. Mon vendredi, je l’organise comme je veux. Je peux mieux préparer mon week-end, et les autres jours de la semaine, je travaille plus intensément.” Une nouvelle génération de travailleurs est ainsi apparue. “Aujourd’hui, la productivité est plus importante que le nombre d’heures passées à travailler”, explique Eduard Schaepman, directeur général de Regus, société spécialisée dans les solutions adaptées aux façons de travailler des entreprises. Selon “Le Travail efficace au XXI e siècle ” , une étude de la Durham Business School et John Blackwell Associates au Royaume-Uni, les pays où l’on travaille le moins – comme la France, l’Allemagne et les Pays-Bas, leaders en matière de télétravail – possèdent les meilleurs rendements par heure travaillée d’Europe. Ils s’élèvent entre 12% et 25% au-dessus des pays au temps de travail plus long. “La Belgique est frileuse quand il s’agit de ce genre de système”, continue Eduard Schaepman. “Elle est plus conservatrice, plus traditionnelle par rapport à cette culture de l’efficacité.”
L’efficacité plutôt que les heures passées au bureau
Le principe du travail à distance est devenu un élément moteur de plus en plus d’entreprises. En effet, toujours selon cette étude, le lieu de travail a une influence capitale sur la productivité dans une société. Les personnes travaillant cinq jours par semaine au bureau sont deux fois plus susceptibles d’être absentes que celles qui travaillent dans des lieux alternatifs. La mauvaise communication sur les questions d’entreprise et les décisions qui touchent directement les employés, des objectifs et des buts mal définis par le management sont autant de raisons qui diminuent encore la qualité de l’environnement de travail. Les conséquences sont connues : démotivation, absentéisme, négligence au travail, voire même problèmes de santé ou burn-out… Ce qui a des conséquences énormes sur la productivité – et donc les gains – des entreprises. L’étude démontre que l’Union européenne perd la somme de 314 milliards d’euros par an, soit l’équivalent de 2 440€ par travailleur, à cause d’une faible productivité.
Mobilité, le maître mot
La flexibilité des entreprises est devenue une des solutions, notamment quant à la mobilité et au choix du lieu de travail. Certaines l’appliquent même à 50% de leurs effectifs, en recourant par exemple à des solutions nouvelles pour permettre le télétravail : des espaces de travail, des bureaux, des salles de réunion ou des salons d’affaires entièrement équipés en vidéoconférence, plus proches du lieu de vie des employés. De quoi leur permettre de travailler où, quand et comme ils le souhaitent. Dans ces cas-là, que faire des bureaux, qui de plus en plus sont considérés comme un contresens économique et écologique ? En effet, réduire les trajets entre le domicile et le bureau permet de diminuer l’émission de CO2 et d’éviter de perdre du temps dans les embouteillages ou les transports en commun.
Laure d’Oultremont
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