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Dossier


de grands projets u rbains et durables

Après Nantes, déjà désignée pour 2013, Bruxelles pourrait-elle devenir la capitale verte européenne en 2014 ? Le dossier de candidature a été envoyé; les trois villes sélectionnées dans un premier temps seront connues le 3 février prochain. Evelyne Huytebroeck, ministre de l’Environnement (mais aussi de l’Energie, de la Rénovation urbaine et de l’Aide aux personnes) revient sur ce sujet qui lui tient à cœur et sur les grands chantiers bruxellois qui vont modifier la physionomie de Bruxelles d’ici 30 ans.

La ministre bruxelloise de l’Environnement, de l’Energie, de la Rénovation urbaine et de l’Aide aux personnes, Evelyne Huytebroeck jongle avec les casquettes comme avec son agenda. La semaine dernière, elle lançait une nouvelle campagne de sensibilisation et de recrutement de familles d’accueil (voir p.4). Il y a peu, elle inaugurait le nouveau quartier durable Bervoets à Forest et la semaine d’avant, elle remettait le dossier de candidature de Bruxelles au titre de ville verte européenne pour 2014. L’occasion était belle de faire, avec elle, le bilan sur Bruxelles et ses perspectives vertes.


Bruxelles, ville verte européenne pour 2014, c’est possible ?
D’abord, très concrètement, cela nous a permis de voir à travers les milliers de chiffres rassemblés les avancées de Bruxelles à ce niveau-là. Tout n’est pas négatif, loin de là ! Dans un premier temps, nous avons remis un dossier très technique, rempli de données chiffrées. Trois candidatures seront retenues le 3 février prochain. Si Bruxelles est choisie, il s’agira ensuite de défendre un concept, comme pour les Jeux olympiques en quelque sorte, ce serait un acte mobilisateur !


Nous avons des atouts ?
Bruxelles est déjà une ville verte avec plus de 50 % de son territoire occupé par des espaces naturels. La Région compte aussi 14 réserves naturelles, soit 127 ha; 2 réserves forestières de 112 ha et trois grandes zones Natura 2000 (forêt de Soignes et vallée de la Woluwe, sud du Verrewinkel et du Kinsendael, nord de la vallée du Molenbeek avec le Laerbeek, le Poelbos et le bois de Dieleghem, Ndlr). Un gros effort a été produit en quelques années au niveau du bilan énergétique des bâtiments : 114 000 primes “énergie” ont à ce jour été accordées, soit 68 millions €, dont 80 % sont revenus aux particuliers, et depuis 2004, la consommation énergétique par habitant a diminué de 16 % ! Des appels à projets en vue de valoriser et favoriser la construction ou la rénovation de “Bâtiments exemplaires” ont lieu tous les ans depuis 2007 (voir ci-dessus). Et même si la mobilité est un sujet où des efforts considérables doivent encore être produits, le vélo a pris un envol considérable en peu de temps.

Quels sont les grands chantiers de demain ?
Ce sont des chantiers à la hauteur des enjeux de demain ! Car face à la pression démographique à Bruxelles, il faut impérativement prévoir du logement, des crèches, des écoles, des transports, bref, des services collectifs supplémentaires. Tous les membres du gouvernement en sont conscients et chacun y travaille selon ses spécialités. Le tout étant d’équilibrer les fonctions : on ne doit pas perdre nos acquis et notamment en termes d’environnement et de confort de vie urbaine. Et c’est dans ce sens que va par exemple l’ordonnance-cadre sur la protection de la nature que j’ai fait voter après trois ans de travail. Elle fixe toute une série de règles à suivre pour protéger ces zones naturelles. Un plan de gestion est également prévu pour chaque site. Et un rapport d’incidences sera obligatoire pour les projets de construction à proximité des zones, ainsi, on peut anticiper les recours.
La Région a la chance de posséder cinq grands espaces qui peuvent lui permettre de faire évoluer sa physionomie profondément et de manière durable : le quartier Tivoli à Laeken; Tour&Taxis et le site de la gare de l’Ouest à Molenbeek; le site Josaphat (à Schaerbeek) et Schaerbeek-Formation (sur Bruxelles-Ville) où à l’horizon 2020, tout un quartier peut là aussi devenir une réalité (voir ci-dessus, Ndlr). Et finalement dans 30 ou 40 ans, on pourrait avoir plus d’espaces verts que maintenant !


Il reste cependant un sacré chemin concernant la mobilité à Bruxelles…
Il n’y a pas une seule recette à ce niveau-là, il faut travailler ensemble. Il y a de multiples niveaux et de multiples leviers sur lesquels on joue déjà et d’autres à développer. Les plans d’entreprise sont désormais devenus obligatoires. Il faut continuer à pousser le vélo dans les rues à travers Villo !, à travers la mise en place de pistes cyclables, avec des opérations “formation” à la conduite de vélo en ville. Développer le covoiturage et le télétravail sont également des pistes pour une mobilité plus harmonieuse. Concernant les transports en commun : dans les 5 ans, la vitesse commerciale sera augmentée, et dans les 10 ans, il y aura de nouvelles lignes. Côté SNCB, il faut aussi augmenter le nombre de trains pour que les navetteurs laissent effectivement tomber la voiture pour un autre mode de déplacement qui soit valable. Un avis va être rendu prochainement sur la situation actuelle de la SNCB pour pouvoir planifier de manière efficace les changements à opérer et les développements prioritaires. Une bonne nouvelle : on est déjà sur la même longueur d’onde entre les trois Régions concernant la fiscalité automobile ! On met en place une fiscalité sur les kilomètres parcourus adjointe à une taxe de mise en circulation plus importante. La pression automobile doit absolument baisser. L’horizon 2050 ne paraît pas loin du tout lorsque l’on prend des décisions d’envergure pour une Région…

E.W.

bervoets, quartier respectueux
Le nouveau quartier durable de Bervoets, à Forest, a été inauguré la semaine dernière. Sur deux ha, il comprend 239 logements destinés à des revenus moyens : principalement des duplex et des appartements, ainsi qu’une dizaine de maisons. Tous bénéficient de toitures vertes et d’une isolation très performante à l’air et aux bruits, ce qui s’avère indispensable étant donné la proximité de lignes de chemin de fer. Une attention particulière a été accordée à la gestion des eaux pluviales : d’importants bassins de rétention d’eau ont été placés sous les toits afin de soulager le réseau d’égouts en cas de fortes averses. Pour chauffer le tout, le site se contente de trois chaudières à condensation qui produisent également un peu d’électricité. En plus des logements, 10 ateliers pour PME et 191 emplacements de parking ont également été prévus.
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