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Le récent Salon de l’Auto 2012 a permis de tester les quatre roues électriques déboulant sur le marché. La Tribune s’est, elle, embarquée à bord de la Zen Car, dont 22 exemplaires occupent le pavé bruxellois en temps partagé payant. Impressions.
La première demi-heure à bord de la Zen Car nous a imposé de premières impressions sans nuances, l’excès au bord des lèvres. On a pensé “tape-cul à l’incroyable inconfort”. Avec un port de tête bringuebalant à chaque accélération-décélération instable des 2,88 m électriques, au centre de gravité épousant quasi la chaussée, le moindre défaut dans celle-ci martyrisait immédiatement les cervicales. Et puis, après la nécessaire prise en main, divers réglages, au bout de la demi-journée d’utilisation, on s’est surpris au total à de l’affection pour la petite bête apprivoisée. Derrière le mini-volant de F1, son tableau de bord affiche divers modes de conduite sous forme de 4 boutons poussoirs de couleur différente : rouge – ‘speed’; jaune - ‘normal’; vert - ‘éco’, bleu - ‘conditions difficiles’. En ce matin blafard et frigorifié de janvier, le chauffeur occasionnel de la Zen Car a rapidement intégré qu’il fallait négocier le moindre casse-vitesse/mur de Berlin ou nid de poule des rues urbaines de la capitale – et Dieu sait s’il y en a – à allure d’escargot. Sous peine de décoller et d’encaisser chaque choc. Derrière nous, la cohorte des autres conducteurs rageait, impuissante. Leurs berlines sur-vitaminées ne demandaient, elles, qu’à montrer qu’elles en avaient sous le capot et les jantes. Trop sévère Tape-cul pathétique ? Jugement trop sévère,… injuste. Car après prise en main, on s’est imposé aussi le temps de se parquer, de régler et d’adapter le poste de conduite : siège, rétros (électroniques), musique planante (radio et lecteur MP3 via clé USB à dispo), chauffage en mode mineur, vitres télécommandées. On a intégré aussi qu’il valait mieux jouer des boutons du tableau de bord pour accélérer-décélérer, quand on le dictait. La conduite s’aide alors nettement moins du frein (vraiment dur) non assisté. Et là, miracle, cela fonctionne. Le confort du voyage s’en trouve notablement amélioré. En mode économique par exemple, l’instabilité chronique de la voiture en vitesse ‘speed’ ou de croisière a presque totalement disparu. Plus d’à-coups désagréables ni de déportements indésirables en tenue de route. Un plaisir. Bien en main Profitant de la visibilité panoramique de la petite urbaine, comme à l’école d’auto-conduite, on a multiplié également les créneaux pour la stationner d’un geste plus assuré. Ses dimensions sont si modestes qu’on pourrait quasi la garer perpendiculairement au trottoir ! Conclusion mitigée, toutefois : privées de direction assistée, les 65 % de femmes louant d’habitude la Zen doivent avoir des bras de docker pour se garer. Bien en main, elle a en effet d’indéniables atouts. Son design italien, d’abord. Sa maniabilité – hors parking –, surtout. Elle se faufile et se gare effectivement n’importe où. Son apprentissage est à portée de n’importe quel Q.I. Sa location-emploi est souple. En cas de problème, au milieu de l’habitacle, un buzzer rouge coupe tout, instantanément. Enclenché, un boîtier vocal à l’avant vous relie en quelques secondes à la centrale offrant une aide immédiate, si besoin. Mieux que dans l’ascenseur ! Philippe Golard
Depuis le mois de mars dernier, la Zen Car affiche sa drôle de petite mine dans les rues de Bruxelles. Il y en a pour l’instant 22 qui roulent dans la capitale. © Bénédicte Maindiaux
Ph.G.
Tarifs D’abord 40 € pour la constitution dossier (à vie) et la possession d’une carte-clé magnétique RFID autorisant l’embarquement. Puis l’abonnement 6€/mois, engin loué ou pas. Enfin, l’utilisation réelle : 7€/h sans fractionnement. Et vous voilà sur les routes, après réservation 7/7 (idéal : ½ journée à l’avance) : virée shopping, RV d’affaire, visite familiales, sorties, … avec une carte stationnement (gratuite) vous ouvrant certaines infrastructures en ville d’un géant du parking bruxellois. Sur une base de 24h, cette location vous coûterait 168 €. Et, en théorie, …61.432 €/an tout compris ! Mais l’utilisation prolongée de la Zen fait, bien entendu, régulièrement l’objet d’une négociation anticipative.
Roulez… économe Au départ de la place Stéphanie, on a rejoint le Salon Auto au Heysel plus ou moins plein pot, avec une Zen rechargée (12 barres au compteur). Puis, galop retour vers Louise pour adapter l’horaire parking permis de notre propre bagnole sagement garée à Ixelles. Ensuite, direction banlieue à facilités en mode éco (bouton vert, limiteur de vitesse), près de Waterloo pour reprendre des dossiers oubliés, à déposer près du Globe à Uccle. Enfin, la Zen a rejoint, bouton vert maintenu, les environs du goulet pour gagner la borne recharge. Près de 60 km -sur les 120 km d’autonomie annoncée- et on était à… deux barres de la panne sèche.
Questions à Gauthier Vermeyen, ingénieur commercial, sales&marketing Zen Car Comment améliorer les faiblesses – tenue de route en mode speed, suspensions dures, sifflement intérieur, etc. – de votre actuel parc automobile ? La Tazzari est extrêmement maniable mais, certes, elle pèche ici et là en termes de confort. Nous ne sommes pas liés à la firme italienne : nous payons cash ces voitures. On peut en changer par exemple. Certaines asiatiques utilisent aussi l’électricité. Nous y réfléchissons. Vos 2 places électriques se démarquent du concurrent Cambio. Où en êtes-vous ? Après 9 mois de pleine opérationnalité à Bruxelles – 22 voitures et 3 stations (place Stéphanie, chaussée de Vleurgat, entrée Bois de la Cambre) –, nous allons doubler notre présence dès ce mois de février avec des stations supplémentaires : Mont des Arts, Bota, Schumann, Montgomery et un 5e lieu. Pour la fin de l’année, on s’est fixé l’objectif 5 000 clients, en étant davantage à Bruxelles mais aussi en Wallonie -Namur, LLN et Liège- et en Flandre (Gand, Anvers ; Hasselt et Bruges sans doute). Vos clients ? A 65% des femmes, jeunes urbaines 30-40 appréciant fun, sorties copines et virées shopping, la flexibilité de notre système et respectant l’outil et l’utilisateur suivant. Quelques PME et hôtels pour leur clientèle. Egalement le businessman expat à Bruxelles, le jeune couple qui n’a pas le budget pour une 2e voiture, les “bio-écolos”, conscientisés sans être Khmers verts.
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