|
Qu’on se le dise, Bruxelles est devenue une adepte du “Jeudi veggie” (le jeudi végétarien) ! Désormais, ce jour de la semaine, de nombreux restaurants et cantines de la capitale proposent des plats végétariens à leurs habitués. Cap sur cette tendance née il y a quelques années déjà à Gand.
La tendance veggie (végétarienne) séduit Bruxelles. Que ce soit dans les entreprises publiques (Stib, Bruxelles-Environnement), les entreprises privées (Mobistar, Toyota), les cantines de nos bambins ou les restaurants du centre-ville, elle est bien accueillie. Apparue dans notre capitale en mai dernier avec la campagne du “Jeudi veggie”, la gastronomie végétarienne gagne de plus en plus de terrain. Mais d’où vient cette tendance à remplacer les protéines animales par des légumes ? De Gand. C’est l’asbl EVA (Ethisch Vegetarisch Alternatief) qui a lancé l’initiative dans cette ville de la Région flamande en 2009.
Le but : inciter les individus à manger végétarien un jour par semaine. Et la sauce a plutôt bien pris par la suite dans le nord du pays. Rapidement, Hasselt, Malines et Eupen (cantons rédimés) emboîtent le pas à la ville de Gand et accueillent le “Jeudi veggie”. L’opération se veut respectueuse des animaux, de la planète mais aussi de notre santé. “Nous avons choisi de cantonner ce projet au jeudi pour que cela reste accessible à tout le monde”, explique Annemarie Ijkema, directrice du projet à Bruxelles. “C’est en séduisant les consommateurs avec des photos alléchantes et des recettes appétissantes à base de végétaux que nous comptons changer leurs habitudes.”
Ouverte au végétarisme
Pour Annemarie Ijkema, si la capitale de la Belgique s’est laissée séduire par le concept du “Jeudi végétarien”, ce n’est pas sans raison. “Les gens entendent parler en permanence des dangers qu’encourt la planète à cause de notre mode de consommation, avance Annemarie. Cela leur fait prendre conscience de leur responsabilité dans ces problèmes et les pousse à réagir en diminuant leur consommation de viande.” L’avis du secteur médical sur la consommation excessive de viande a également pesé dans la balance. “Les gens deviennent soucieux de leur santé car manger trop de viande entraînent des problèmes cardiovasculaires mortels”, poursuit la jeune femme.
Une certaine ouverture d’esprit a aussi participé à propager la cuisine végétarienne : “Les Bruxellois sont curieux de cette nouvelle façon de cuisiner et de déguster. A EVA, nous proposons des produits, plats et recettes originaux qui intriguent les gens et leur donnent envie de découvrir de nouvelles saveurs.” La campagne “Jeudi veggie” a déjà séduit près de 22 établissements participants dans la Région de Bruxelles-Capitale. Une liste qui devrait encore s’étoffer par la suite, de même que les recettes proposées, aux goûts inédits.
A.D.
Dans les cuisines du Mess De nombreux restaurants bruxellois participent à la campagne du “Jeudi veggie”. L’occasion de se glisser dans les salle et cuisines du “Mess”, à Etterbeek, pour voir comment se prépare un lunch végétarien…
“Le Mess” appartient aux restaurants que l’on pourrait qualifier de classique en apparence . Bois noble, tables hautes, lampes intimistes et ambiance cosy. Mais lorsque l’on s’attarde sur la carte, on découvre des plats surprenants qui font la part belle aux légumes : carpaccio de tomates en tous genres, taboulé de quinoa bio, ravioles de cèpes… Les mets originaux, raffinés et naturels sont devenus le credo de celle qui est aujourd’hui la patronne de l’enseigne depuis trois ans, Marie-Pascale Van Hamme. Avec son équipe, elle tente d’offrir une restauration gastronomique de saison et bio le plus possible. Pour accueillir chaque nouvelle saison du calendrier en bonne et due forme, Marie-Pascale et ses collègues élaborent tous les quatre mois un menu inédit. “Avec le chef Fabian Beeckman, nous discutons beaucoup des plats que nous pourrions inscrire à la carte. J’imagine les plats qu’on pourrait proposer, Fabian fait des essais et je valide ensuite ce qu’il me propose”, explique cette mère de famille. à chaque saison sa carte Produits de saison, achetés au marché et biologiques dès que possible : voilà les maîtres mots de cette maison qui existe depuis près de 13 ans. “On s’approvisionne au niveau local quand on le peut, avance le roi des fourneaux. Le foie gras vient d’un petit producteur belge, l’agneau est fourni par la ferme Bellevue, les ravioles sont faites par un traiteur italien voisin…”. Mais le cuisinier ne trouve parfois pas son bonheur chez les fournisseurs belges. Alors, quand ce qu’il a besoin n’est pas disponible dans le plat pays, il l’importe des pays voisins. “On fait venir de France, d’Italie, d’Espagne. Pas plus loin.” Une logique de travail qui se veut éthique et respectueuse de la nature. “Pour nous, ça n’a pas de sens de proposer du vin venant de Tanzanie, même s’il est excellen t, développe Marie-Pascale. On préfère servir des produits venant de chez nous ou faits à proximité, pour rester dans une cohérence de culture locale et raisonnée.” Le Mess a récemment reçu le prix de la “Brasserie d’Or” par un referendum organisé par Paris Match ! A.D. Le Mess, avenue Louis Schmidt, 1 – 1040 Etterbeek. Tél. : 02734 03 36 Ravioli ouverts, tartare de légumes racine, crumble d’oléagineux et mousseline des sous-bois. © Bénédicte Maindiaux
|