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Rouge Tomate
Cuisine :
cuisine française
Comme sur les CD’s, il faudrait pouvoir apposer une étiquette “attention, talent” sur les chefs. Pas de doute, la nouvelle recrue de Rouge Tomate mérite la sienne !
Avant d’attaquer le cœur – de bœuf ? – du sujet, cette critique mérite un petit mot d’explication. Il se fait que depuis le début de cette chronique hebdomadaire – trois ans déjà ! – on s’est fixé une règle : tester les restaurants anonymement et payer ses additions. Une contrainte à l’heure où fleurissent les attaché(e) s de presse et les invitations ? Non, une liberté qui n’a pas de prix. Quel bonheur que de ne pas se prendre la tape amicale du patron sur le coin de l’épaule après un repas à rallonge ! Quelle joie que d’éviter le petit cercle des professionnels de la profession trop heureux de manger en se regardant le nombril ! Quel privilège enfin que de voir sa crédibilité – la dernière arme du journaliste – préservée ! Et pourtant, cette fois, il en a été autrement. On a testé le travail du nouveau chef de Rouge Tomate sur invitation. Autant que ce soit clair, l’addition – pour deux personnes – ne nous a pas coûté un kopeck. En cause ? Le hasard des rencontres et des affinités. Toujours est-il qu’en guise de garantie le deal était le suivant : c’est bon, on en parle; c’est nul, le repas finit dans les oubliettes de la gastronomie. L’expérience qui restera exceptionnelle méritait bien un préliminaire.
Festival !
Autant ne pas y aller par quatre chemins, Nicolas Rivière, le nouveau chef de Rouge Tomate Bruxelles, nous a totalement séduits. Modeste, à l’écoute et rigoureux, l’homme avait préparé une dégustation en forme de festival. Ça démarre en trombe avec une Terrine marbrée aux couleurs d’automne, chutney de potiron à la tartufata (13 euros), soit une assiette pleine et ludique qui fait la part belle à la saison. Pour suivre, Rivière envoie un impeccable Consommé tiède de moules à la coriandre, moelleux d’avocat aux trois poivres (15 euros). Le mariage audacieux fonctionne parfaitement. En plat, on a testé le Filet pur de Simmental (30 euros) et les Fines tranches de saumon fondantes au gingembre et citron vert, navets, radis roses et noirs (21 euros). Si le premier met vaut par une qualité exceptionnelle de viande, on s’est surtout régalé avec le saumon qui apparaît comme une vraie trouvaille fraîche et pleine de goût. Le plat s’avère emblématique de Rouge Tomate version Nicolas Rivière, à savoir un intitulé qui ne la ramène pas pour une expression gustative pure et pleine de subtilités. Un futur classique, assurément.
Pommes et raisin en raviole
On termine avec un Pommes et raisin en raviole poché au vin chaud, sorbet de granny (9 euros), joli clin d’œil à la hauteur du reste. Une question subsiste : comment évaluer la qualité d’un repas qu’on n’a pas payé ? Simplement en se demandant si l’on est prêt à y retourner en s’acquittant soi-même de l’addition… La réponse fuse : sans hésiter une seconde !
Ouvert du lundi au samedi,
de 12h à 14h30 et de 19h
à 22h30, fermé samedi midi
et dimanche.
Wasabi
Rouge Tomate (****)
Avenue Louise, 190
1050 Ixelles
02/647 70 44
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