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Nea Genia

Cuisine : grec
Nea Genia se revendique comme un resto grec nouvelle vague. L’idée est bonne… Mais il reste quelques efforts à produire pour endosser le label.

Se faire voir chez les Grecs. On devrait plutôt dire se faire avoir chez les grecs. L’expression cache une réalité tangible : combien de restaurants – on les reconnaît à leurs façades blanches et châssis bleus – ne nous font-ils pas prendre les vessies d’une popote standardisée pour les lanternes de la cuisine hellénique ? D’un pays solaire gorgé de bons produits, ils nous restituent un ersatz fade, sans intérêt et cloné à l’infini. On connaît la chanson de ces cantines qui sentent à plein nez le piège à touristes façon Mikrolimano. Besoin d’un petit rappel ? La nourriture hésite entre tarama fluo et tzatziki insipide. On y boit un piètre retsina avec la certitude que par cette piquette, le vin hellénique a dit son dernier mot. Les plus audacieux peuvent même y improviser un sirtaki avec les serveurs, avec en prime l’ouzo du patron et quelques assiettes cassées.

I got a bof feeling

Nea Genia nous épargne presque tout cela. La déco joue la carte contemporaine d’un cadre en phase avec son époque. En vrac : des rectangles de couleurs qui évoquent Mondrian, de beaux lustres cylindriques et de beaux rangements qui accueillent des bouteilles de vin. Tout n’est pas parfait pour autant, entre chaises qui traînent la patte et sets en papier. N’empêche, l’adresse arrive à planter une atmosphère de néo-ouzerie dans laquelle on se sent bien. L’accueil est franchement charmant. Le patron sourit à la vie et ça fait beaucoup de bien. Vient le moment de juger l’assiette. Un bon point : les plats arrivent sur table au fur et à mesure de leur préparation. On a testé un nombre conséquent de portions : petits os, calamars frits, tzatziki, crème de tarama, feuilleté de fromage, pâtes à la feta, feuilles de vigne, poulpe grillé, salade à la grecque et feuilles de chou farcies. Résultat ? Pas d’hérésie – si ce n’est le tarama rose et la pitoyable baguette servie en accompagnement – mais un bof feeling devant une cuisine qui manque de finesse. Ça flaire trop la grosse louche pour que l’on puisse vraiment parler de restaurant grec nouvelle génération. Le vin, lui, un Agiorgitiko 2004 du Domaine Megapanos – bizarrement annoncé à 36 euros sur la carte et finalement compté 27 euros – réchauffe le cœur avec d’agréables arômes de fruits rouges ainsi qu’un passage en fûts de chêne bien intégré. Le tout pour un couvert qui flirte avec 35 euros.

Ouvert de 18h30 à 23h (minuit le vendredi et le samedi), fermé le dimanche.

Wasabi
Nea Genia (**)
Chaussée de Waterloo, 437
1050 Ixelles
02/344 58 76