logo tbx La Tribune de Bruxelles

 
L'Amour Fou

Cuisine : Brasserie , cuisine belge , Petit déjeuner
Les adresses envoyant de bonnes vibrations ne sont pas légion dans la capitale. A Ixelles, l’Amour Fou fait partie du fin gratin qui ambiance la ville. Salutaire. Un soir de pluie et de brouillard. Le moral est au plus bas, oui là, juste en dessous des talons. On se sent seul, inutile et poisseux. Les fêtes et leurs rythmes hystériques ne sont plus qu’un vague souvenir mal digéré. Une fois de plus, il n’y avait rien sous le grand chapeau de Tata Yoyo. Enfin, rien d’autre qu’un grand bol de néant… vous en reprendrez bien un pour la route ? Heureusement, désormais un an nous sépare de la prochaine mascarade à cotillons. Ouf. Malgré cette bonne nouvelle, on se sent comme un clown triste – oui, celui aux cheveux fauves qui hante les murs de tant d’intérieurs – pleurant dans sa loge, dégoûté de s’être produit dans un spectacle dont il ne comprend rien. Cette année encore, on aura joué la comédie festive en accrochant un sourire à sa face, alors que l’on avait qu’une seule envie, celle de crier “ne me secouez pas, je suis plein de larmes”. Lourd de tant de sombres idées, on s’est dit que le salut ne pouvait venir que de l’extérieur et de la nourriture. Quelle adresse allait-elle bien pouvoir nous réconcilier avec la vie ? Ce qui semblait une mission impossible s’est arrangé en poussant la porte de l’Amour Fou dont le nom a surgi – Dieu sait pour quelle raison – du fin fond de notre inconscient. Burger king D’emblée, l’Amour Fou fait chaud au cœur. Tous ces gens qui parlent fort et qui s’amusent réconfortent. Une jeune fille embrasse son amoureux qui la regarde comme si sa vie en dépendait, décidément l’endroit porte bien son nom. On s’assoit au bout de la salle dont le décor de bistro, revisité, exhibe une étrange installation de bois traversant le plafond. Etrange, on a beau être seul parmi tous ces gens, le sentiment de solitude disparaît presqu’instantanément. D’autant qu’une petite formation musicale fait péter le jazz manouche avec beaucoup d’à propos. C’est chaud, c’est bon. Tout comme l’accueil, sur-cool. Pour se mettre dans l’ambiance, on commande une bière (une Ramée blonde à 2,80 €), meilleur passeport possible quand il s’agit de plaisirs populaires. Avec ça, ce sera ? Un burger, forcément, ce raz-de-marée alimentaire qui déferle sur Bruxelles est la spécialité de la maison. Malbouffe donc ? Même si cette junk food made in US n’est pas un modèle diététique, l’Amour Fou limite la casse avec une approche originale : pain fait maison, viande hachée le matin même, produits frais et recettes originales. On choisit un “Moine”, soit un burger de bœuf, moutarde, roquette, oignons grillés, fromage d’Orval, bacon et confit d’oignons aux chicons (13,90 €). Quel délice ! Ça fond en bouche et, en plus, les frites sont maison. Il n’en faut pas plus pour tout oublier : la pluie, les fêtes, l’humeur sombre… On swingue, on bouge, on vibre. La vie, la ville et la nuit nous reprennent. wazabi © Bénédicte Maindiaux
L'Amour Fou (***)
Ouvert de 12h à 15h et de 18h à 23h (vendredi et samedi, jusqu’à 01h), fermé le lundi.
1050 Ixelles, Chaussée d’Ixelles, 185
Tél. : 02 325 73 53.