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François Schwennicke

François Schwennicke

Au cuir et au moulin

A la tête de Delvaux, François Schwennicke perpétue l’oeuvre familiale : créer de beaux sacs bien dans leur temps. Et ça le stimule pour sa vie à lui. On le dit élégant, bien élevé... oui! Mais il est avant tout enthousiaste et humaniste.


“La valeur des choses se mesure au temps qu’on leur accorde”, dit-il en souriant. François Schwennicke travaille. Beaucoup. Il refait le monde avec ses amis. Très souvent. Discute de libre choix, de la vie comme elle va, s’amuse aussi avec son fils, Franz. Le plus possible. Et court après la sérénité. Tout le temps… mais sans jamais vraiment l’attraper ! Les journées du patron de Delvaux, c’est un peu cette histoire philosophique où dans un bocal, on met des pierres puis des cailloux toujours plus petits et encore du sable : on arrive toujours à en mettre un peu plus… quand on veut. On le décrit souvent comme un homme élégant, aux belles manières, tout en sobriété, versé dans le marketing, féru de philosophie, portrait un peu compassé d’un homme avant tout enthousiaste, au regard pétillant, fier de l’entreprise familiale, amoureux de sa ville avec sincérité, ami fidèle et vrai humaniste. Chez les Schwennicke, de toute façon, on sait ce qu’on veut, c’est comme ça : l’histoire familiale, très “saga”, le démontre assez. Franz, le père de François, racheta la société de maroquinerie Delvaux en 1929. Sa créativité révolutionna le sac grâce à l’invention de la collection de sacs à main. En 1961, apparaît un rayon de soleil dans sa vie : Solange, 40 années de moins mais un caractère aussi trempé: “Un jour, mon père propose à ma mère de choisir un sac. “Impossible, ils ne sont pas faits pour moi”, voilà ce qu’elle lui a répondu ! Elle l’a terriblement vexé… puis s’est occupée de la création chez Delvaux”. Solange Schwennicke fait entrer l’entreprise dans la génération des sixties, invente le fourre-tout en cuir souple, modernise les boutiques, secoue la clientèle, faisant parfois hurler la bonne société.

“Delvaux way of life” 
Le jeune François, âgé d’un an de plus que sa soeur et de deux de plus que son frère, est l’héritier tout désigné. La fratrie voit ça d’un bon oeil : “La pression était sur moi en quelque sorte, c’était dans l’ordre des choses, eux pouvaient alors choisir leur voie en toute liberté ! Il n’y a jamais eu de jalousie.” Plus tard, il mettra d’ailleurs sur pied le restaurant la Manufacture, dirigé aujourd’hui par son frère Olivier. En 1994, il devient le capitaine de Delvaux. Et pas l’homme d’affaires ! “Faire des “coups” pour l’argent, ça n’est pas moi du tout !Mais je suis un assez bon vendeur car je me passionne et je sens les choses pour Delvaux… Je suis tombé dedans quand j’étais petit !” Celui qu’on appelle souvent M. Delvaux se voit avant tout “comme un animateur”. Il est aussi le représentant bien vivant du Delvaux way of life : il fréquente beaucoup les soirées du Tout-Bruxelles. “Dans ce métier, on donne beaucoup d’énergie mais le plaisir qu’on prend en procure aussi énormément, et j’aime rencontrer des gens, échanger, apprendre…”. Là non plus, François Schwennicke ne correspond pas à l’image qu’on pourrait lui coller d’un homme à la vie de luxe, cuir et mondanités. “J’ai de la chance : j’ai une entreprise qui marche bien, je mène une vie dans laquelle je me sens à l’aise”, reconnaît-il. Alors il a envie de donner, pas de prendre : son fils est loin d’avoir une couronne d’héritier sur la tête, “Depuis qu’il a trois ans, je lui dis que c’est lui qui décide de sa vie”. Et pour Bruxelles qu’il aime profondément et qu’il veut promouvoir encore et toujours, il a accepté de devenir le président de la Chambre du Haut commerce. Du travail en plus, duquel il tire une vraie richesse de rencontres et d’idées. Et toujours plus de sable pour son bocal vital…

MON PETIT PROUST

Le principal trait de mon caractère :
L’enthousiasme

La qualité que je préfère chez les hommes:
L’humilité

La qualité que je préfère chez les femmes:
Le courage

Mon principal défaut:
L’impatience

Ma principale qualité :
La générosité

Mon rêve de bonheur:
Pas loin de ce que je vis, un bon zeste de sérénité en plus.

Ma devise :
Amour... toujours !

Photos : Bénédicte Maindiaux, Christophe Bortels et DR.



E.W.

● 1961. Le 6 juillet à Ixelles naît François. 

● 1979. Entre à l'université à Louvain. 

● 1984. Premier job dans la publicité. 

● 1989. Débuts chez Delvaux comme directeur de production.

● 1993. Naissance de son fils, Franz. 

● 1994. Installation de Delvaux à l'Arsenal et nomination comme administrateur délégué. 

● 2002. Année sabbatique. 

● 2005. Delvaux fête ses 175 ans.
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