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Mourade Zeguendi

Mourade Zeguendi

Mourade Zeguendi, formidable Baron

Le désormais célèbre Mounir des "Barons" se dit fierd’être "maroxellois". Rencontreavec un comédien belge qui a la cote, et pas seulement chez nous !


Surprise lors de son arrivée à notre rendez-vous fixé à l’hôtel Métropole : Mourade Zeguendi commande sans la moindre hésitation une… coupe de champagne ! Pour fêter les 140 000 entrées du film de Nabil Ben Yadir ? “Non, c’est juste que quand j’ai pas grand-chose à faire l’après-midi, j’aime bien, car ça me donne envie de sourire. Puis, avec de la bière ou du vin, moi je dors !” Détendu, loquace et rieur, celui qui se revendique “maroxellois” a pourtant bien des raisons de savourer ce qui lui arrive en cette année de ses trente ans. “Moi qui viens de Saint-Josse, je suis vraiment un privilégié. Je suis le seul rebeu de mon âge qui fait du théâtre en Flandre, qui a tourné pour Besson et qui a joué dans “Les Barons”. Alors qu’à 13 ans, mon premier taf, c’était d’aller acheter des cigarettes pour les putes, qui me donnaient 20 balles en échange. Donc si y’a un bon Dieu quelque part, il m’a sûrement donné quelque chose !”

La troupe des Glandeurs

Bien qu’issu d’une famille où on joue sur les planches depuis plusieurs générations, Mourade ne souhaitait pas y monter à tout prix. Plus occupé à frapper dans le ballon dans son quartier ou à fréquenter ses cours de mécanique, ce boxeur amateur finit par débarquer dans une école d’acteurs de Schaerbeek. Cela après que son acteur de père l’ait présenté à son ami Amid Chakir, référence pour toute la communauté maghrébine, puisqu’il a été le premier comédien à percer chez nous. “Moi qui savais tout juste lire, j’arrive dans un milieu où y’a du chauffage et du Coca gratos, des filles et même des Blancs qui m’accueillent sans me juger. Alors que jusque-là, un Blanc c’était pour moi un Flamand qui pouvait pas m’aimer. Ça a été le déclic !” Il fallait en profiter, d’autant que dans sa catégorie, ce Marocain d’origine n’avait pas le moindre concurrent ! Après une première pièce au titre cocasse, “Tous les Arabes ne sont pas des voleurs”, Mourade crée avec des amis la troupe des “Glandeurs” (“Parce que chez nous, on finit soit glandeur, soit Baron !”), qui préfigurera “Union Suspecte” en 2004, organe théâtral dont il toujours membre. “On joue beaucoup en Flandre, mais je parle en français et je suis sous-titré grâce à des néons. Un système qui nous a permis de jouer en Yougoslavie !”

De l’équipe de “Dikkenek”, “JCVD”…

Mais son salut, c’est à la… RTBF que l’acteur le doit ! Alors qu’il campait un rôle dans “41, rue de la Limite”, une équipe de l’émission “1001 Cultures” vient le filmer pour un sujet sur les jeunes allochtones qui font du théâtre. Tout un programme ! Mais le reportage est relayé par TV5, sur lequel tombe par hasard Olivier Legrain, qui n’est autre que le scénariste de “Dikkenek”. Très vite, Mourade est engagé dans ce film culte d’Olivier Van Hoofstadt. “Je voudrais vraiment remercier les gens qui ont fait ce reportage. Il est tombé à pic pour moi, car c’était une période difficile au niveau boulot. Puis, tout s’est très vite enchaîné : “Taxi 4”, “JCVD” , “Melting Pot”, “Les Barons” …”
Fan de foot espagnol, d’acteurs allemands et de cinéma anglo-saxon (”Mon maître, c’est Scorsese, mais j’aime aussi Van Damme ou Dewaere”), Mourade compte repousser encore un peu plus ses limites : “Dans mon métier, pour arriver à quelque chose, il faut en faire des caisses. Chaplin et De Funès en faisaient des tonnes, et ça marchait. C’est chacun sa méthode, mais les types qui font juste deux ou trois mimiques avec leur visage, moi ça me gonfle.” Et les comédiens belges ? “Je viens de tourner un court métrage avec Simon Astier (“Kaamelott”) et j’ai pu voir combien les Français nous respectaient. Sami Naceri par exemple, il compare Jérémie Renier à Robert De Niro ! Faut vraiment que les gens le sachent : on est mieux reconnus à l’étranger que chez nous. Ici, on n’a aucun soutien !” Nul n’est jamais prophète en son pays…

 

Son actu : “Sans filet”
Dans la série “Melting Pot Café”, Mourade Zeguendi est aussi flic débile que Patrick Spadrille. Un duo qui se reformera bientôt, l’espace d’un spectacle d’improvisation. Grand habitué du genre, Spadrille invite à l’occasion un comédien chevronné à monter sur scène. Après Hugues Hausman, ce sera bientôt au tour de Mourade Zeguendi, dont la mission sera d’improviser tout en osant surprendre. Un format original, qui mérite franchement le détour !

Le vendredi 19 février à 20h30 au Centre culturel d’Evere, rue de Paris, 43 – 1140 Evere.
Rés. : 02 241 15 83 ou info@centreculturelevere.be



David Hainaut

1980: Naissance le 30 octobre, jour où Coluche – qu’il affectionne – annonce sa candidature à l’élection présidentielle de 1981.

1998: Débuts au théâtre dans “Tous les Arabes ne sont pas des voleurs”.

2000: Son premier film, “Bruxelles, mon amour”, est un drame.

2004: Il intègre “Union Suspecte”, une troupe bilingue.

2006-07: Avec ses amis Jean-Luc Couchard et François Damiens, il participe aux aventures de “Taxi 4” et de “Dikkenek”.

2008: Mabrouk El Mechri l’engage dans “JCVD”. Momo, son personnage dans “Melting Pot Café”, y devient récurrent dès la deuxième saison.

2009: Sortie des “Barons”.

2010: “Sans filet”, en impro. Et bientôt dans plusieurs pièces (“Belga”, “Date People”), une série (“Dérapage”), un court (“Je te survivrai”) et le prochain film de Nabil Ben Yadir (“Sur la vie de ma mère”). Le réalisateur des “Barons” compte par ailleurs le diriger sur scène.
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