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Alec Mansion, sur la route
Dates, sons, rencontres, Alec Mansion a une anecdote pour tout. Vingt ans après, le chanteur impatient qui déteste regarder le billard sur la BBC s’étonne toujours autant de son succès. Retour sur son parcours flamboyant.
Sa carrière n’aura pas pris une ride. Tes voyages me voyagent – son dernier single avec Desireless – est au top des téléchargements, et la seule chanson francophone dans le Top Ten des radios françaises.
Le succès est trop grand, trop beau, pour une chanson qui n’était pas du tout prévue, «pas comme ça en tout cas», travaillée dans le bus de la tournée RFM Party 80 et enregistrée dans des chambres d’hôtels. Comme toujours, il faut beaucoup de talent et une part de hasard. C’est ainsi qu’il en aura été de sa rencontre avec Marc Moulin croisé dans un petit café liégeois. Alec en fan inconditionnel du groupe Placebo attend la fin du concert pour lui parler.
Le courant passe et rendez-vous est pris. Mansion poireautera une heure et demie dans les couloirs de la Rtb (alors sans F). Il a tout simplement été oublié. Confus, le lunatique Moulin se sent alors obligé d’écouter sa première chanson pour se faire pardonner. Coup de chance, il accroche totalement. Futuriste pour l’époque, le son séduit : Alec mélange admirablement synthés et vrais instruments.
Ses débuts remontent pourtant à beaucoup plus loin. C’est à 10 ans, en écoutant I Want You des Beatles, qu’il décide de se consacrer exclusivement au métier de chanteur. Aujourd’hui encore, il n’a rien perdu de sa verve ni de son amour pour le groupe anglais. Les Beatles ont marqué sa carrière, sa vie.
Personne n’en voulait ! Dans les années quatre-vingts, Alec poursuit sa passion et ses idoles jusqu’à vouloir enregistrer une chanson en anglais à Londres. Las. Don’t walk away n’emballe personne. Mais Alec, acharné chronique, n’a pas dit son dernier mot.
L’opiniâtre la réenregistre en version française avec ses frères Hubert et Benoît sous le pseudo «Léopold Nord & Vous». C’est l’amour propulse véritablement sa carrière. Pourtant, comme «toutes les chansons qui ont marché, au départ, personne n’en voulait.»
Le même se souvient du voyage à Paris avec sa sœur, pour voir les maisons de disque. «On a essuyé refus sur refus. J’étais complètement découragé. C’est ma sœur qui m’a obligé à aller au dernier rendez-vous.» Ce sera le bon. Le producteur adore ! Le reste s’enchaîne, presque naturellement. Un million d’exemplaires sera vendu en France et en Belgique. Ailleurs, au Chili, en Argentine et même au Japon, le «cul des Andalouses» est repris à la sauce locale et fait un tabac ! Sa bonne étoile ne le quittera plus.
Sous le nom «Léopold Nord & Vous», le Belge enchaînera les succès : Les filles du Rock and Roll, puis On en a marre . En 2001, il sort Cette femme est un héros. Son propre succès le dépasse : «Encore une fois, cette chanson est devenue beaucoup plus que ce que moi j’en ai fait.» Le tube est disque d’or en Belgique.
La gloire ? Bof Ce qui l’anime depuis tout ce temps ? Le plaisir de faire des chansons mais certainement pas la gloire. «Quand l’impact sur les médias et le public sont de la partie, c’est chouette. Mais le vrai plaisir reste de fabriquer ces chansons.»
De toute façon, il relativise : «Je ne pense pas qu’une chanson de trois minutes mérite plus de récompenses que quelqu’un qui organise des convois de vivres pour Haïti.» Issues de sa tournée de deux ans avec les stars des années 80, d’autres chansons sont attendues très vite. Le tout nouveau titre, un duo avec Philippe Lafontaine, vient tout juste de sortir : C’est l’printemps est arrivé … forcément le 21 mars.
Alec Mansion continue d’étonner et de s’étonner lui-même.
Alec doit beaucoup à sa rencontre – provoquée – avec Marc Moulin. (DR)
De Bruxelles à Toulouse (et inversement) Après avoir sillonné pendant deux années les quatre coins de la France pour l’incroyable tournée des Zéniths en compagnie des stars des années 80, Alec Mansion a sorti un album de duos avec toutes ces voix françaises qui ont marqué les eighties.
Bruxelles-Toulouse est le premier-né de l’album. Signé avec Jean-Pierre Mader, le disque cartonne sur les radios belges et, dès sa diffusion, sur internet. Il est produit à 100% par les internautes grâce au label Aka Music. Un engouement à peine imaginable pour les deux chanteurs.
La deuxième chanson Tes voyages me voyagent, avec Desireless, vient d’arriver dans les tubes les plus téléchargés du moment. Au passage, certains l’attribuent à l’inoubliable interprète de Voyages, voyages. «Ça m’a fait très plaisir parce que je n’osais pas lui demander de faire partie de ma chanson».
Dernier opus en date, une collaboration toute neuve avec l’ami Philippe Lafontaine sous le titre évocateur de C’est l’printemps. Vu le succès, d’autres duos risquent d’envahir encore les ondes : avec Emile et Images, Cookie Dingler, Plastic Bertrand, Richard Sanderson, Jean Schulteiss. L’album est dans les bacs sous le nom : «Léopold Nord… & Eux».
Une série de concerts se tiendra durant cette fin avril et mai prochain. Alec et Jean-Pierre Mader y reprendront également leurs tubes respectifs en musique acoustique.
Ils seront ainsi le jeudi 29 avril au Centre Culturel de Mouscron ; le vendredi 30 avril au Coliséum de Charleroi ; le 28 mai sur la Grand’Place de Mons pour le Doudou. Et le 24 juillet, saluant comme il se doit le mitan de l’été, aux Francofolies de Spa.
Tous les concerts commencent à 20h30. (E.L.)
ÉTIENNE LOUVAIN
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1961 : Sortie de «Love Me Do» le premier tube des Beatles, découvert par la suite puisque le chanteur n’avait que 3 ans à l’époque !
1965 : Sortie de l’album «Sergent Peppers» des Beatles. «C’est une magnifique idée de Paul Mc Cartney qui a voulu, le temps d’un album, changer le nom du groupe».
1968-69 : Sortie de l’album «Abbey Road» des Beatles. C’est la chanson «I Want You» qui lui donne envie de se lancer dans la chansonnette.
1977 : Cours de piano classique au Conservatoire de Liège.
1980 : Rencontre avec Marc Moulin.
1987 : Sortie de «C’est l’amour». Un million d’exemplaires vendu en France et en Belgique.
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