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Tania Garbarski veut se remettre en question
Tania Garbarski, fière d’être bruxelloise !
Sans faire de bruit, la carrière de Tania Garbarski suit son chemin. Entre deux tournages, l’occasion était belle de s’arrêter pour faire le point.
Dans “Le Tango des Rashevski”, avec Hippolyte Girardot. Un beau film qui l’a lancée dans l’univers du cinéma. (Ph. Neue Visionen Filmverleih)
Pour tout journaliste, aussi rôdé soit-il, une interview s’assimile souvent à un moment particulier de l’existence. Rarement décevant et souvent mémorable, d’ailleurs !
La rencontre avec Tania Garbarski, fixée au “Pain Quotidien” d’Uccle, n’a pas dérogé à la règle. Poursuivi par une meute de chiens, c’est au terme d’un sprint mémorable que votre serviteur s’est présenté face à l’actrice. Etonnée, tracassée, celle-ci y alla d’un sympathique “Oh, mon pauvre, je suis franchement désolée pour vous. Heureusement qu’ils ne vous ont rien fait !”
Tels étaient donc les premiers mots de l’actrice.
Car l’incertitude, comme tout comédien, belge de surcroît, Tania connaît. Mais l’actrice remarquée dans “Le Tango des Rashevski” a toujours eu l’habitude de rebondir.
“On fait quand même un métier cruel. Tous les métiers le sont, mais nous, c’est notre peau qu’on propose. Et neuf fois sur dix, on doit subir : “vous êtes trop comme ça”, “pas assez comme cela”. Depuis que je suis mère, mes priorités ne sont plus les mêmes et je prends chaque rôle comme un cadeau.”
En attendant le tournage en juillet de “Fils Unique” qu’elle exécutera pour Miel Van Hoogenbemt (“Miss Montigny”) aux côtés de Patrick Chesnais, Tania vient de se consacrer une semaine à “Einstein était un réfugié”, un court-métrage de Solange Cicurel qui dénonce le cauchemar d’une rebelle émigrée en Belgique.
Elle y campe une avocate, métier qu’ado, elle rêvait d’exercer. “A 12-13 ans, j’hésitais entre avocate et actrice. Le fait de plaider m’attirait. J’ai toujours eu une tendance poussée à l’argumentation. D’où mon coup de foudre pour le théâtre.”
Des “Misérables” à “Dracula”, en passant par “Dom Juan”, “La Fugue du Petit Poucet” ou “Emilie Jolie”, son répertoire s’est vite élargi. Malgré des planches qui, admet-elle, “paient horriblement mal en Belgique. Mais de toute façon, la vie parisienne ne m’attire pas. Culturellement parlant, Bruxelles s’en sort très bien. Et en dehors de la météo, on a quand même une qualité de vie magnifique. J’adore notre capitale.”
Vive l’expérience
Cette page pourrait bien ravir Tania. Elle, qui comme tous les comédiens belges francophones, regrette leur manque de reconnaissance. “Mais je ne me fais pas d’illusions. La fierté n’est pas dans nos mœurs donc on aura jamais de star-system chez nous. Même Maurice Béjart en a eu assez ici. Il est parti en Suisse pour exercer son art ! Dans le cinéma, le spectacle, on est quasi obligé de s’exporter pour s’épanouir. Est-ce normal ? Mon seul espoir serait que des gens fassent prendre conscience aux jeunes qu’il faut suivre les acteurs belges.”
Passionnée comme au premier jour, Tania, la trentaine bien entamée, apprécierait un rôle qui la remette en question. “Je suis convaincue que l’expérience devrait me permettre d’obtenir des rôles plus denses. Les femmes de mon âge commencent à avoir des blessures intéressantes à interpréter.”
Au FIFF à Namur, avec Bernard Campan qui l’a dirigée dans “La Face cachée”.(DR)
Ses rôles décrochés en France ? Merci, Christelle Michelet ! Dénicheuse de talents issus de notre pays, Christelle Michelet ne compte pas que Tania Garbarski dans son écurie.
On y retrouve également Stéphane Bissot, Isabelle Defossé, Stéphane Custers, Stéphane De Groodt, les frères David et Fabrice Murgia ou Georges Siatidis (…) “Cette dame voue une vraie passion pour les Belges, qu’elle n’hésite pas à venir voir jouer”, précise Tania.
“Elle fait beaucoup pour nous représenter en France, même si elle conseille parfois de ne pas trop mettre notre nationalité en avant, au risque d’effrayer les producteurs ! Mais bon, comme il n’y a que des Belges talentueux (rires)…”
David Hainaut
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1994. Sort de l’INSAS avec distinction. 1995. Joue dans “La Veuve de l’architecte”, aux côtés de l’immense Michèle Morgan, avec qui elle sympathisera. 1999. “Les Misérables”, pièce jouée à Anvers. 2003. “Le Tango des Rashevski”, de Sam Garbarski. Bayard d’Or de la meilleure comédienne et Prix d’Interprétation pour le meilleur second rôle au festival Jean Carmet. 2004. Tournée de “Dom Juan” (Molière), dans une mise en scène de l’un de ses maîtres, Daniel Mesguich. 2006. “La Face cachée”, de et avec Bernard Campan. Avec aussi Karin Viard et Jean-Hugues Anglade. 2008. “Vive les vacances”. Série à succès sur TF1 et la RTBF. 2010. Tournage en juillet de “Fils unique”, de Miel Van Hoogenbemt, avec Patrick Chesnais. |